samedi 14 janvier 2017

Acrocinus longimanus, un Coléoptère de grande taille (Costa Rica)

Les coléoptères de la famille des Cerambycidae sont nombreux et caractérisés par de longues antennes et des yeux échancrés. Leur taille est variable les plus grands arrivant à 4 ou 5 cm chez nous.
Au Costa Rica je me suis trouvé en présence d’un des Cerambycidae les plus grands que l’on trouve, si ce n’est le plus grand de la famille. Des infos ici en anglais
Acrocinus longimanus femelle, les pattes antérieures très longues.

Acrocinus longimanus a les pattes antérieures  très grandes, davantage que le corps. Mon sujet est probablement une femelle, le mâle a les pattes antérieures encore bien plus longues pouvant atteindre 15 cm.
Acrocinus longimanus femelle,  aux motifs très graphiques

Comme tous les Cerambycidae, les antennes sont aussi très longues.
Aure caractère important, les yeux sont échancrés pour permettre l’insertion des antennes. C’est particulièrement bien visible avec un insecte de cette taille.
 
Acrocinus longimanus femelle, détail des yeux très échancrés
Cet insecte se nourrit de matière végétale, d’arbres en décomposition, de sève , de champignons de lichens…
A cause de la déforestation des zones où il vit , du Sud du Mexique à l’Amérique du Sud, l’espèce est un danger. Mais aussi par la capture de ces beaux insectes par les collectionneurs.
Acrocinus longimanus femelle, un pronotum avec des épines.


L’insecte que j’ai photographié était captif, gardé par une famille, qui, sur un tout petit site le long de l’Océan pacifique vendait des boissons fraiches aux visiteurs arrivant par un chemin forestier après une marche sous la chaleur ! Pour moi ce fut une belle surprise car les voir dans la forêt  relève souvent de l’exploit !

lundi 9 janvier 2017

Thysania agrippina, un papillon de grande envergure!(Costa Rica)

Dans mon jardin j’observe beaucoup d’insectes et ces derniers temps je me suis intéressée aux plus petits que je suis capable de photographier.

Il existe dans les zones tropicales des insectes bien plus colorés ou plus grands.
Thysania agrippina, le plus grand papillon nocturne

C’est le cas de ce papillon essentiellement nocturne rencontré au Costa Rica.
Thysania agrippina est un Noctuidae  qui présente une envergure pouvant aller jusqu’à 30 cm  , c’est le plus grand des papillons nocturnes.
Thysania agrippina, des couleurs bien discrètes


Il fut trouvé par un guide de notre lodge car, frais éclos il avait un peu de mal à s’envoler, d’ailleurs une de ses ailes n’est pas parfaitement plane. 

Thysania agrippina, vue de dessous, moins décoré!

Cela nous aura permis de faire connaissance avec ce papillon dont les couleurs bien discrètes le rendent difficile à observer quand il se tient tranquille sur un tronc d’arbre.
Thysania agrippina, impressionnant!

jeudi 5 janvier 2017

Neoderelomus piriformis, petit charançon du palmier des Canaries

Dans la nature, il y a toujours la recherche d’un équilibre. C’est ce que je me suis dit en trouvant un matin de décembre ce tout petit insecte blond surnageant dans la piscine, sur une aiguille de pin.
Identifié comme étant un charançon, son allure générale ne laisse aucun doute avec son rostre et les antennes coudées qui s’y insèrent.
La plupart des charançons sont davantage colorés. Celui-ci est uniformément jaune clair sans zone de couleur plus sombre. C’est cela qui m’a orienté vers la bonne identification. Car il existe un autre petit charançon des palmiers plus courant lié aux palmiers nains, Chamaerops humilis qui  a en particulier la tête sombre (Derelomus chamaeropsis).

Neoderelomus piriformis, petit charançon du palmier des Canaries.*
Ici il s'agit de Neoderelomus piriformis.Il est lié à un autre palmier très courant chez nous : le palmier des Canaries.
Pour en savoir davantage voici  un document très intéressant.

Comment reconnaître ce petit charançon?

  • L’insecte mesure 3 mm.
  • Son thorax est caréné latéralement, de forme trapézoïdale, sa plus grande largeur est à la base.

Pour différencier  le genre Neoderelomus de celui  Derelomus, les auteurs proposent d’observer le scutellum : ici il est triangulaire.
Neoderelomus piriformis, vue ventrale*

  • Ses élytres sont striés, les interstries plus larges que les stries qui sont finement ponctuées.
  •  Ici, il s’agit d’une femelle car la cinquième interstrie n’est pas marquée par une côte. 
  • En plus de ce détail les mâles portent de longs poils aux faces internes des tibias antérieurs. De plus l’insertion des antennes se fait plus près de l’extrémité du rostre pour les mâles.

Neoderelomus piriformis, avec son  pronotum  particulier.*

Quand on parle de charançon on est méfiant, rares sont ceux qui veulent du bien à leur plante hôte. Celui-ci est lié aux palmiers des Canaries (Phoenix canariensis) qui sont répandus sur la Côte d’Azur. Il y en a 3 dans les jardins autour de chez moi.

Ce petit charançon qui vit essentiellement sur les inflorescences mâles du palmier jouerait un rôle dans la pollinisation : c’est bien décrit concernant Derelomus chamaeropsis : le charançon est attiré par l’odeur des fleurs mâles dont il se nourrit , mais les fleurs femelles imitent cette odeur et attirent aussi le charançon qui les pollinise.
Neoderelomus piriformis, stries et interstries sur les élytres.*

Les chercheurs qui ont étudié Neoderelomus piriformis ont trouvé beaucoup de charançons sur les fleurs mâles  et beaucoup moins sur les fleurs femelles. C’est au moment où le palmier (octobre, novembre) est en fleurs que l’on trouve l’insecte.
 J’ai trouvé le mien à la mi-décembre. Pas étonnant à mon avis, cette année toutes les floraisons automnales sont en retard à cause de la sécheresse de l’été.

Ce charançon se développe dans les fleurs des palmiers et ne nuit pas à la plante elle-même ( comme le charançon rouge  Rhynchophorus ferrugineus  ), très destructeur.

* images grossies 3 fois

jeudi 22 décembre 2016

Bonnes fêtes de fin d'année!

Heliconius melpomene  (Costa Rica)
Avec ce joli papillon,  je vous souhaite à tous de belles fêtes de Noël et de Nouvel An, avec vos familles, vos amis, et tous ceux avec qui vous partagez votre amour de la nature!

jeudi 15 décembre 2016

Un collembole:Dicyrtomina ornata, probablement.

Voici sans doute un des plus petits habitants de mon jardin que j’ai réussi à photographier. Oh ! Il en existe bien d’autres encore plus petits, dont je soupçonne la présence sans réussir à les voir. Mais celui -ci a été « cueilli » à la surface de la piscine.Il mesure environ 3 mm.
Collembole, Dicyrtomina ornata probablement*

En ce moment elle tourne au ralenti et le matin j’y trouve parfois de petits insectes qui  y surnagent.
Comme il n’y a pas de gros sujets j’essaie d’observer ceux qui, bien que très petits, s’agitent. Recueilli dans un petit récipient, j’observe ensuite sous l’objectif ce que j’ai récolté.
Celui-ci avait la fâcheuse habitude de faire des bonds en l’air. Sa curieuse forme très ronde  m’a mis la puce à l’oreille, et j’ai pensé à un collembole car j’en avais déjà vu en photo mais j’avais beau regarder sous mes tas de feuilles mortes je n’en avais jamais observé.
Collembole, Dicyrtomina ornata probablement, vue de dessus*

Une fois sous l’objectif et grossi entre 4 et 5 fois, j’ai été très surprise de le voir si coloré ! Les dessins que l’on voit sur sa tête, et son abdomen permettent de l’identifier.
J’en suis arrivée à la famille Dicyrtomina  dont plusieurs espèces sont présentes en France avec ces dessins pourpres sur la tête et l’abdomen.
Collembole, Dicyrtomina ornata probablement, vue dessin de l'arrière*

Quelques indices me conduisent vers Dicyrtomina ornata : la tache sur l’arrière de l’abdomen presque rectangulaire, les antennes monocolores. L’identification est probable mais pas certaine. Il faut dire que toutes les images sont faites aux grossissements 4 ou 5.

Une  fois mis un nom sur ce collembole, il s’agit de voir ce qu’est un collembole. Ce n’est pas un insecte, il n’a pas d’organes buccaux visibles, il ne subit pas de métamorphose même s’il grandit en muant. Il garde le même aspect. Ses yeux (les 2 taches noires sur la tête) sont formées de plusieurs yeux simples accolés.
Cet Hexapode est sur la planète bien avant les insectes, on le date aux environs de 400 millions d’années.

Ces collemboles sont nombreux, celui-ci avec ses 3 mm est un des plus grands. On en compte environ plus de 2200 espèces décrites en Europe, mais il y en a certainement bien plus.
Collembole, récupération d'une goutte de liquide sur le bout de la patte*

 Ils sont très présents dans la litière et participent activement à la  circulation des nutriments dans le sol.
Il y a bien évidemment beaucoup d’autres infos concernant ces petits habitants présents dans notre environnement sans que nous les voyions !
Mais après plusieurs jours de « récolte » d’un sujet quotidien dans la piscine, j’ai eu la chance de tomber sur un sujet particulièrement coopératif.
Pour bien le voir évoluer, je le laisse dans un milieu humide, d’abord le couvercle transparent où je le cueille à la surface de l’eau, puis sur la feuille de papier où , pareil, je mets une goutte d’eau absorbée par le papier, mais c’est sur cette zone humide que le sujet se déplace.
La goutte récupérée sert au nettoyage de l'antenne*

Voici des images où Dicyrtomina prend une goutte sécrétée par son orifice buccal pour le mettre sur une patte et nettoyer son antenne.
Collembole avec son collophore*

Autre image plus intéressante : les collemboles possèdent un tube appelé collophore. C’est un organe placé sur le ventre et peut s’allonger et bouger. Il a plusieurs fonctions :
 -Il permet la régulation du milieu intérieur, notamment sa pression osmotique (l'animal boit par son tube ventral),
Le collophore est portée à l'entrée de la bouche*

- et autorise les échanges gazeux grâce à sa paroi extrêmement fine, participant ainsi à la respiration cuticulaire.
-il sert également à coller au support sur lequel est posé l'animal (d'où le nom collemboles),
-est en relation avec une gouttière ventrale qui le relie au labium, où débouchent des néphridies, permettant ainsi à l'animal de filtrer et de récupérer en partie son urine.
Le collembole peut presser les vésicules du collophore sur le substrat puis  le porter à sa bouche pour boire; je pense que c'est ce qui se passe sur les deux photos, celle au-dessus du texte, et celle en -dessous.
.
Collembole et son collophore qui lui sert à boire , aussi! *


Ces quelques images donnent  une première approche de ce monde si particulier!
Pour les curieux voici quelques liens qui permettent d'en savoir davantage! C'est tout un monde!
La vaste famille à laquelle appartient mon sujet:

*Images grossies entre 4 et 5 fois