lundi 18 septembre 2017

Haltichella rufipes, petit hyménoptère parasite, utile au jardin!

Le monde des hyménoptères est extrêmement varié, depuis les plus gros bien colorés et  impressionnant par leur taille, à certains petits et discrets dont nous ignorons l’essentiel.
Mon sujet fait partie de ces derniers.
Haltichella rufipes, en avant toute!*

Recueilli surnageant sur la piscine ce n’est que sous l’œil grossissant de mon objectif qu’il a révélé tous ses détails.

Peu de couleurs, il est surtout noir, mais avec une chitine joliment et régulièrement ponctuée, ainsi qu’une fine pilosité claire.
Haltichella rufipes, au repos  après le bain*

Pas de longues pattes mais des tibias à l’apex roux ainsi que les tarses (d’où l’adjectif rufipes)et surtout des fémurs arrières épaissi !

Un gastre en forme d’amande, de jolies antennes qui peuvent se rabattre entre les yeux et surtout deux pointes qui prolongent le scutellum.


Haltichella rufipes, les deux épines du scutellum*

Ce sont ces deux pointes qui permettent d’identifier Halchitella rufipes.
C’est un hyménoptère de la grande famille des Chalcididae(3500 espèces). Ils parasitent des larves de diptères, lépidoptères ou coléoptères en limitant la prolifération de certains insectes ravageurs.

Haltichella rufipes, vue ventrale: tout est bien rangé!*

L’insecte mesure autour de 4 mm. C’est un des Chalcididae les plus répandus en France, on le trouve dans les espaces forestiers  par exemple. Chez moi, cet espace se résume à une haie de noisetiers.
Haltichella rufipes, vue de face, de grands yeux!*

Haltichella passe inaperçu sur la mousse ou la litière, c’est un  parasite de larve de Lagria hirta (très présent dans les herbes dans mon jardin) mais aussi de  Ptilinus pectinicornis, qu’il vaut mieux ne pas croiser.

Haltichella rufipes, après le bain ,on essaie  avec les pattes sur l'abdomen!*

Mais à son actif aussi des microlépidoptères  tels que :
- Grapholita molesta (tordeuse orientale du pêcher)
- Lobesia (Polychrosis) botrana(ravageur de la vigne).

Ce petit hyménoptère que j'ai trouvé début avril est donc bien utile dans un jardin pour réguler la population de quelques indésirables.

Pour rappel j'avais déjà rencontré un autre Chalcidien :Brachymeria femorata,  et c'est sa ressemblance avec lui qui m'a orienté vers cette famille.

 * Images grossies autour de 3 fois



mardi 12 septembre 2017

Cerceris arenaria , cercéris des sables, une belle guêpe prédatrice de charançons.

En observant la piscine j’y ai vu, essayant de nager une belle guêpe. Après repêchage (en général  je tends une longue perche et l’insecte n’hésite pas) je peux mieux l’observer. Les ailes un peu mouillées empêchent  le vol, c’est ce moment qui me permet de faire des photos.La bestiole après avoir observé l’environnement, s’occupe plus de sa toilette et de la remise en état de ses ailes que de moi.
Cerceris arenaria femelle, environ 14 mm.

C’est une femelle : on compte 5 segments au gastre, (6 segments pour les mâles).Le gastre était le nom donné à l’abdomen des hyménoptères.
Ensuite c’est un Cerceris : son aile antérieure présente 3 cellules cubitales dont la seconde est pétiolée( une petite nervure est présente à l’avant)et le fémur 3 est tronqué. Le premier segment abdominal est beaucoup plus étroit que le second. Cette famille fait partie des Sphecidae, des guêpes fouisseuses..
Cerceris arenaria femelle, détails à observer en particulier un gastre à 5 tergites.

Les Cerceris sont plus de 200 dans la zone Paléarctique, 26 en France .
On commence à les classer en 2 grands groupes : ceux présentant un gastre de type régulier : les taches noires et jaunes toujours dans le même ordre sur tous les segments , c’est le cas de mon sujet : du noir dans la partie antérieure, du jaune dans la partie postérieure( pour le type irrégulier cela varie).
Cerceris arenaria femelle, un fémur III, tronqué à l'apex.

Ma  femelle est assez grande, elle mesure près de 14mm et appartient à une espèce bien répandue partout  en France.
Cerceris arenaria femelle, vue dorsale, ailes levées prête à s'envoler.

Il existe des documents disponible sur le net.Je me suis servie de :
Hyménoptères Sphecidae d’Europe occidentale, volume 2, Faune de France , volume 82, de Jacques BITSCH ,Yvan BARBIER, Severiano Fernández GAYUBO, Konrad SCHMIDT,Michael OHL.
Il est important de savoir si on a un mâle ou une femelle car la clé de détermination est différente.
Mais ce sont surtout les dessins du gastre qui m’ont orientée.Mon exemplaire est un Cerceris arenaria. J'ai utilisé la description fournie pour conforter mon identification.
Voici ce qui est dit de la tête :
 -tête très large vers le bas, les bords internes des yeux divergents vers le bas
- bord interne de la mandibule avec une petite dent et, en avant, une dent plus grande dont la pointe est tournée en angle droit vers l'intérieur.
Cerceris arenaria femelle, détail de la tête, avec ses yeux divergents vers le bas et la lamelle en 1

Ensuite :
 -aire médiane du clypeus plus large que longue ;
immédiatement au-dessus de son bord antérieur, se trouve une lamelle dirigée
un peu obliquement vers l'avant et qui recouvre au milieu le bord antérieur
du clypeus.
 Le bord antérieur de la lamelle est arrondi, ou tronqué, ou échancré.
A l'extrémité de l'abdomen ,l'aire pygidiale est  très large, peu rétrécie vers l'arrière, le bord postérieur tronqué avec des angles arrondis.
A observer aussi les peignes sur les tarses de la première paire de pattes( en 2 sur la photo ci-dessus.)
 
Cerceris arenaria femelle, vue de face, avec ses mandibules pourvues de dents.
La femelle fait des nids verticaux dans le sol, elle en expulse la terre avec son pygidium dont elle  se sert comme d’une pelle.Elle creuse sur 20 cm de profondeur.
Cerceris arenaria adulte est floricole, j’en ai vu plusieurs sur les fleurs de fenouil au mois d’août. Mais depuis quelques jours je n’ai pas encore trouvé où elles se cachent !!
La femelle paralyse des charançons de diverses espèces qui seront placés dans des cellules du nid pour alimenter les larves. Voilà donc encore une auxiliaire du jardinier. On la rencontre de mai à septembre, ce serait en juillet qu’elles seraient les plus nombreuses.
Cerceris arenaria femelle,une guêpe bien utile au jardin.

Son mode de vie est aussi présentée dans le Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe de Hans Bellmann.

Il y précise que Cerceris arenaria nourrit sa progéniture avec Brachyderes incanus, un ravageur du Pin.
Une bien belle guêpe!

vendredi 8 septembre 2017

Heriades truncorum, une petite abeille solitaitre.

Ce printemps j’ai observé beaucoup d’hyménoptères et ce dans des circonstances variées : certains dans des positions difficiles sur la piscine, d’autres comme un des sujets qui est l’objet de ce billet,  accroché sur une herbe , encore peu réveillé, et beaucoup ,  heureusement en meilleure posture sur des fleurs.
Heriades truncorum, un mâle dans l'herbe

L’insecte fait entre 6 et 8mm. C’est en invitant mon dormeur  pour des photos que j’ai trouvé quelques détails me conduisant à son identité.
L’observation des ailes antérieures aide à trouver la famille dans laquelle on peut ranger le sujet.
Heriades truncorum,détails remarquables

Ici les 2 cellules cubitales m’ont orienté vers les Mégachiles.
J'ai alors utilisé les" Clés illustrées pour l'identification
des abeilles de Belgique(Hymenoptera: Apoidea)II. Megachilidae
par Alain PAULY".
  • -l’espèce n’est pas maculée de jaune , aller en 4
  • -le scutellum n’a pas de grosse dent, aller en 6
  • Heriades truncorum,la présence du pulvillus en fait une cousine des Osmies.

  • - griffes des tarses avec un pulvillus, aller en 7
  • - ici c’est plus difficile mais je considère que ce n’est pas une Osmie, qui est plus trapue, je vais en 8
  • - et là je vois le tergite 1 tronqué par une forte carène, c’est Heriades truncorum.

  • Ensuite en utilisant "Le guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe de Hans Bellmann", j’en apprends un peu plus sur cette abeille.

    Heriades truncorum sur coréopsis.

    Elle présente bien de très minces bandes de poils blancs sur le bord de tergites. Elle est très largement répandue ; on la trouve dans les jardins, les clairières où l’on peut trouver du bois mort.
    Heriades truncorum vue de face

    Car l’insecte construit un nid linéaire dans le bois mort, les tiges creuses surtout de Ronce. Les cellules sont séparées par des cloisons en résine. On en parle ici.

    Heriades truncorum vue rapprochée

    J’y ai lu aussi que ces abeilles butinaient seulement sur les Astéracées.

    Mais par ailleurs,  voir ici,  on les a observées sur d’autres fleurs. Moi je l’ai vue sur des copéopsis qui sont bien  des Astéracées.
    C'est une espèce commune, largement répandue qui vole de juin à septembre.

    mercredi 30 août 2017

    Odontarsus purpureolineatus, jolie punaise au corps recouvert par le scutellum.




    Ce printemps j’ai dans un coin de la pelouse, semé quelques graines nommées "prairie fleurie", un mélange de  fleurs, assez basses. Ce n’était peut-être pas la bonne année avec cette sécheresse importante qui persiste, mais  j’y ai rencontré, grâce à la présence des centaurées, cette jolie punaise.
    Odontarsus purpureolineatus près des centaurées.

    Je l’avais déjà rencontrée dans la garrigue mais jamais dans le jardin.
    Sa forme caractéristique permet facilement de la ranger dans la sous famille des Odontarsinae. Elle mesure entre 8,2 à 11,4 mm.

    Odontarsus purpureolineatus, d' une autre couleur.

    L’ensemble du corps est recouvert par le scutellum. Celui-ci se termine de façon allongé.
    Il existe plusieurs espèces d’Odontarsus dans notre faune  .O. caudatus est à éliminer ici car le scutellum  est très rétréci à l’apex.

    Il faut examiner alors O. robustus et O.purpurolineatus qui se ressemblent. Trois détails sont visibles sur photo.
    1. Le prolongement caudal :- moins large que le vertex = O. robustus
                                                -aussi large que le vertex = O.purpurolineatus

    Odontarsus purpureolineatus, vertex et prolongement caudal de la même largeur.

    1. Ensuite les dessins noirs du tiers apical du scutellum :- légèrement  anguleux = O. robustus
                                                          -flexueux= O.purpurolineatus.

    Odontarsus purpureolineatus, dessins du tiers apical du scutellum.


    1. Les angles  huméraux du pronotum : -très saillants = O. robustus
                                                        -peu saillants  = O.purpurolineatus.

    Odontarsus purpureolineatus,angle huméral du pronotum.

    Je suis ainsi en présence de Odontarsus purpurolineatus. C’est la plus répandue des punaises de cette sous-famille.  Sa coloration est variable, du pourpre au beige. On la trouve presque partout en France (excepté en Bretagne et Basse Normandie). 

    Odontarsus purpureolineatus, joliment colorée.

    Sa présence est plus importante dans le sud du pays, elle vit dans les friches et les garrigues sur les centaurées, mais aussi  les épervières, la pimprenelle, les chardons. Elle se nourrit des fleurs et des fruits.

    Les critères d'identification sont tirés de: Les punaises Pentatomoidea de France , de Roland Lupoli et François Dusoulier aux Editions Ancyrosoma.



    vendredi 11 août 2017

    Des guêpes oui, mais aux modes de vie bien différents!

    Elles se ressemblent, nous font un peu peur car certaines piquent ( si on les embête) mais elles ont des mode de vie bien différents.J'en ai observé plusieurs espèces qui viennent sur le fenouil aux heures les plus chaudes.
    Je n'ai pas cherché à les identifier dans le détail, mais déjà leur appartenance à des familles différentes informe sur leur mode de vie souvent bien original.
    Guêpe poliste mâle avec ses antennes recourbées au bout.

    Certaines comme les plus grandes sont de guêpes bien reconnaissables :  avec une belle taille de guêpe, de jolis dessins et elles ont une vie sociale bien organisée, une reine, des ouvrières .... Les guêpes ont leur deux ailes qui ne se séparent pas, ce qui donnent l’impression d’avoir des ailes très étroites .
     
    Guêpe poliste mâle, détail de la face.
    Ici ce sont des Polistes(dominulus sans doute) qui viennent se nourrir des sucs du fenouil.

    Guêpe poliste femelle.

    Le mâle avec ses antennes enroulées à l’avant, les femelles les ont droites. Elles vivent en société et  construisent des nids à base de végétaux.

    Guêpe de la famille des Eumenes.
    Les autres qui suivent sont toutes des guêpes solitaires.

    Les Eumenes sont des guêpes à la taille longue et fine. En fait le premier article de l’abdomen est très long et très étroit, le second globuleux. Ce sont des insectes solitaires.
    Guêpe de la famille des Eumenes, un abdomen au profil particulier

    Les dessins aident à la détermination. Ce sont des guêpes maçonnes  qui construisent des nids en forme d’amphores et nourrissent leurs larves avec des chenilles. L’œuf est pondu dans le fond de l’amphore, la nourriture est apportée ensuite puis l’amphore est fermée.

    Les Cerceris sont des guêpes de la famille des Crabronidae. On trouve en Europe une vingtaine d’espèces.
    Cerceris femelle, 5 segments à l'abdomen.

    Les adultes sont nectarivores mais leurs larves sont carnivores. Chaque espèce de Cerceris choisit ses proies parmi une ou quelques espèces précises (coléoptères souvent, par exemple des charançons).
    Cerceris mâle, espèce différente de la précedente, mâle avec 6 segments bien visibles à l'abdomen

     Les femelles creusent leur nid dans le sol.Le dernier article de l’abdomen, plat, sert de pelle pour rejeter le sable lors du creusement de sa galerie.Les mâles ont un segment de plus à l'abdomen.


    Lestica clypeata femelle fait aussi partie de la famille des Crabronidae. Son nid se trouve dans du bois mort et ses larves sont nourries de papillons  adultes souvent de la famille des Crambidae.
    Lestica (clypeata, probable), guêpe qui nourrit ses larves avec des papillons.

    Toutes jaunes et noires elles sont en en accord avec les fleurs du fenouil. Et  elles jouent toutes un rôle dans l'équilibre  des insectes qui visitent nos jardins.